L'univers est infini.

Des scientifiques en sont à cartographier la matière noire et d'autres ramènent des échantillons de Mars comme des enfants ramèneraient des marrons du square.

Les êtres humains entretiennent avec leur planète des relations qui oscillent entre inquiétude et négligence, jouissance, indifférence et frénésie de destruction.

J'’explore les émotions contradictoires que suscite en nous la conscience d’être pris au sein de différentes échelles de temps. A travers mes sculptures, j’évoque ce que nous pourrions éprouver si nous parcourrions les paysages de planètes encore intouchées, ou si nous étions témoins de la beauté cinétique de la destruction de la Terre. Le microcosme que je construis est peuplé de paysages, d'étranges créatures et de compositions abstraites qui se nourrissent de souvenirs accumulés. Il suggère souvent un micro-chaos, tant il est vrai que la frontière entre les deux s'avère parfois incertaine, en fonction de l'échelle et des questions à travers lesquelles on examine les choses et les événements. C'est cette transition qui m'intéresse.

J’utilise une large palette d’argiles et de minéraux, et j’assigne à la cuisson un rôle primordial : qu’elle dérange voire détruise ce que j’ai soigneusement mis en place. Lorsque je compose mes pièces, j’essaye d’orchestrer le bouleversement que la cuisson est susceptible de provoquer. Car en faisant fondre certains composants elle met en mouvement l’ensemble. Une fois mes pièces sorties du four, je les dégage des gangues en céramique dans lesquelles je les ai cuites, puis je retire ou je ponce certains éléments. Il m'arrive de convoquer d'autres matériaux dans ces compositions. Les pièces achevées révèlent le cours des transformations qui sont advenues pendant la cuisson, faisant ainsi écho au hasard et à la nécessité qui participent à l’évolution.


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